Numéro 14: Allan Beaulieu

 

Au milieu des années 90, un curieux alignement des planètes a eu lieu à Clermont-Ferrand. Le fabricant de modules Daco and Co, aujourd’hui disparu, y est implanté et a installé un skatepark en plein centre ville, dans lequel il teste régulièrement ses nouvelles créations. Cela coincide avec le gros boom du roller en France, ce qui permet le développement d’une vraie scène dans cette ville du centre de la France, pourtant loin des grandes agglomérations. Malheureusement le park est contraint de fermer suite à de trop nombreuses plaintes des habitants pour nuisances (bien sûr, des jeunes qui s’amusent ça ne plait pas à tout le monde…) et, même si un projet de park indoor doit voir le jour rapidement, c’est toute la jeunesse à roulettes qui se retrouve jetée dans les rues, dont un jeune homme ayant fait toutes ses gammes au skate-park depuis ses 11 ans : Allan Beaulieu.

 

 

Un autre événement va venir secouer la vie d’Allan : la sortie en 2001 dans les salles obscures du film Yamakasi qui lance la mode de ce que l’on appelle aujourd’hui le Parkour. Allan crée alors avec des amis le Move Style Crew et arpente les rues clermontoises tantôt sur des roulettes, tantôt en baskets, mais toujours à la recherche de spots. Il décide également de s’acheter une caméra et commence à capturer des images. Et si jusqu’à présent, seule la scène locale le connaissait, la France le découvre pour la première fois dans un Face paru dans Crazy Roller cette même année, alors qu’il a 17 ans. Cette petite apparition ne sera pas suivie d’effets immédiats, et il faudra attendre quelques années de plus pour entendre parler à nouveau d’Allan.

 

Première parution

 

En effet, Allan est un garçon assez discret et ne se déplace pas beaucoup sur les contests. Il a aussi une sacrée tendance à ne négliger aucun détail, que ce soit dans son style, toujours impeccable, ou dans ses choix des images et du montage. Pour résumer, il privilégie la qualité à la quantité, et ne supporte pas de montrer quelque chose qui ne soit pas parfait. Cette obsession explique le faible nombre d’édits dans lesquels on peut le voir. Mais à chaque fois, c’est une vraie claque ! On le retrouve donc en 2005 avec une part en street qui choque pas mal de monde, mais le meilleur reste encore à venir. Grace à un petit coup de pouce d’Adrien Anne, il reçoit en 2009 de la part d’USD une paire de Thrones Dominic Sagona, une de ces idoles, en échange d’une petite vidéo. Comme à son habitude, Allan produit une part ultra chiadée, ou se mélangent Roller et Parkour, qui va convaincre la marque de miser sur lui pour de bon. Dans le même temps, Mourad Leuchi lance sa marque Arcena et recrute lui aussi Allan pour le représenter.

 

 

Vont alors suivre quatre années où Allan va enchaîner les vidéos, toujours hyper travaillées, qui vont faire grimper sa cote en flèche. On retient en particulier sa section à Barcelone, filmée lors d’un mois passé à la PowerHouse USD, qui va le révéler au reste de la planète. Toujours hyper créatif dans son skating, toujours tiré à quatre épingles, Allan met tout le monde d’accord. Il a pourtant une approche bien à lui quant à sa manière de patiner: quand il est en session, il a besoin d’être inspiré, et peut donc passer des heures sans tenter quoique ce soit. Par contre, quand il a une idée, il sait exactement ce qu’il veut, et il ne lui faut pas 50 essais pour y arriver. On a entendu de nombreux témoignages de tricks improbables lancés sur des spots de l’espace, plaqués first try ou presque, avant de retirer illico les patins. Un vrai enfer pour les cameramen !

 

 

Mais Allan a fini par disparaître à nouveau de la scène, en laissant malgré tout une empreinte forte dans le roller français. Aux dernières nouvelles, il s’est pris de passion pour les jeux en ligne, et quand on connait son acharnement pour la perfection, on se dit que ça doit lui prendre énormément de temps! A moins qu’il ne soit encore en train de nous préparer une nouvelle vidéo en cachette, ce qu’on espère tous secrètement. Il restera tour de même un mystère qui n’est toujours pas résolu à l’heure actuelle: Que cache-t-il sous cette casquette qu’il ne quitte jamais ?

 

 

 

Retrouvez les autres membres du classement:

Numéro 15: Thierry Lallemand
Numéro 16: Jeremy Jimenez
Numéro 17: Nicolas Auroux
Numéro 18: Victor Legrand
Numéro 19: Williams Cerlo
Numéro 20 : Cyril Daniel

Author Description

Jean-Pierre Patin

Poste: Attaquant, 54 selections en équipe de France de Curve, 278 sessions au Bowlympique de Marseille (184 Souls)

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  1. Pingback: Numéro 4: Rémy Meister | Un site presque de roller 4 January 2024

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